La lecture doit occuper une place centrale dans la formation de la jeunesse et dans les politiques de développement de la Guinée. C’est la conviction défendue par Bernard Pévé Beavogui, directeur général du Centre de lecture publique et d’animation culturelle (CELPAC), à l’occasion de la remise officielle d’ouvrages et d’équipements offerts par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à onze bibliothèques publiques et centres de lecture du pays, le vendredi 16 octobre 2026, à Dubréka.
Évalué à plus de 3,6 milliards de francs guinéens, ce don comprend des livres, des tablettes numériques, des ordinateurs portables, des systèmes de sonorisation et des écrans. Il vise à renforcer les capacités des structures bénéficiaires et à diversifier les activités proposées aux usagers, notamment aux jeunes.

Dans un entretien exclusif, Bernard Pévé Beavogui revient sur la portée de cet appui, le rôle du livre dans la formation intellectuelle et citoyenne, ainsi que les défis liés à la promotion de la lecture publique. Pour lui, le développement du pays ne peut se limiter aux infrastructures : il repose aussi sur la qualité des ressources humaines et l’accès au savoir. « Le livre contribue à la formation de ces femmes et de ces hommes. Il leur permet d’acquérir des connaissances, de développer leur esprit critique et de mieux répondre aux exigences de leur profession. La lecture est donc indispensable à la construction d’une société instruite, responsable et tournée vers l’avenir », a expliqué le directeur général du CELPAC.
L’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie concerne onze établissements répartis dans plusieurs localités du pays. Il bénéficie aux bibliothèques publiques de Faranah, de N’Zérékoré et de Labé, ainsi qu’aux Centres de lecture publique et d’animation culturelle de Coyah, Dubréka, Boffa, Yomou, Pita, Tougué, Gaoual et Koundara.
Pour Bernard Pévé Beavogui, cette remise officielle marque l’aboutissement d’un processus d’accompagnement de la lecture publique en Guinée. La présence du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, et de la représentante de l’OIF pour l’Afrique de l’Ouest a également donné une dimension institutionnelle à la cérémonie.
Au-delà de la valeur financière des équipements, le responsable insiste sur la nécessité de faire des bibliothèques des espaces adaptés aux besoins des usagers. Les outils numériques reçus doivent notamment permettre de diversifier les ressources documentaires et les activités culturelles proposées aux lecteurs.
Cette orientation répond à un enjeu important pour le CELPAC : selon son directeur général, environ 60 % des usagers des bibliothèques sont des élèves. La fréquentation des établissements scolaires et universitaires constitue ainsi un levier essentiel pour installer la lecture dans les habitudes de la jeunesse.
Le directeur général du CELPAC établit un lien direct entre la lecture, la formation professionnelle et les ambitions de développement de la Guinée. Selon lui, les projets d’infrastructures et de transformation économique ne peuvent produire pleinement leurs effets sans des ressources humaines suffisamment formées.
Il estime que la lecture contribue à préparer les jeunes aux responsabilités professionnelles et citoyennes, en développant leurs connaissances, leur capacité d’analyse et leur compréhension des enjeux sociaux. Cette conception prend une dimension particulière dans le cadre du programme Simandou 2040, auquel les autorités associent des objectifs de transformation économique et structurelle. « C’est pourquoi le livre doit occuper une place centrale dans toutes nos politiques de développement. Il est précieux, primordial et constitue, pour reprendre mon expression, le diamant du développement », a affirmé Bernard Pévé Beavogui.
Le responsable souligne également la contribution des écrivains à la transmission de la mémoire collective et à l’évolution des consciences. Il cite notamment Camara Laye, Thierno Monénembo, Alioum Fantouré et Djibril Tamsir Niane parmi les auteurs guinéens dont les œuvres participent à la connaissance de l’histoire, de l’identité culturelle et des réalités sociales du pays.
À ses yeux, la promotion de la littérature nationale doit aller de pair avec un accès plus régulier des jeunes aux livres. Il encourage notamment les nouvelles générations à découvrir les auteurs guinéens et africains, à enrichir leur vocabulaire et à développer leur esprit critique par une pratique régulière de la lecture.
Malgré les équipements reçus, Bernard Pévé Beavogui estime que l’amélioration de la fréquentation des bibliothèques exige des actions complémentaires. Il préconise des espaces accueillants et accessibles, mais aussi l’organisation de rencontres littéraires, de séances de lecture, d’animations culturelles et d’échanges avec les écrivains.
La collaboration avec les établissements scolaires, les enseignants et les familles figure également parmi les pistes évoquées. L’objectif est de faire sortir le livre du seul cadre scolaire, où il est parfois associé à la préparation des examens, pour en faire un outil de découverte, de créativité et de formation citoyenne.
Le directeur général souhaite, par ailleurs, que la politique culturelle accorde une place plus importante à la lecture publique. Il rappelle que le livre conserve les connaissances, documente les traditions et transmet les récits aux générations futures, au même titre que les autres expressions culturelles.
Pour atteindre ces objectifs, il appelle à la poursuite des efforts engagés par les autorités et les partenaires du secteur. Il adresse notamment ses remerciements à l’OIF, au ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat ainsi qu’aux acteurs ayant contribué au développement des centres de lecture depuis 1996.
S’adressant enfin à la jeunesse guinéenne, Bernard Pévé Beavogui insiste sur la nécessité de faire de la lecture une habitude quotidienne, au-delà des périodes d’examens ou de concours. « Une nation qui lit est une nation qui apprend, qui réfléchit et qui prépare son avenir. Si nous voulons construire une Guinée forte, instruite et prospère à l’horizon 2040, nous devons investir dans le capital humain et placer le livre au cœur de notre développement », a conclu le directeur général du CELPAC.
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