À 60 ans, Madame Noumkoumba Cissé incarne la persévérance et l’engagement social au sein d’un secteur traditionnellement masculin. Chef du service Genre et Équité au ministère des Mines et de la Géologie, elle a su concilier une carrière internationale prestigieuse avec son rôle de mère, tout en se frayant un chemin vers le sommet de l’administration publique guinéenne.
Un parcours académique entre la Guinée et le Sénégal
Née à Kindia, dans le quartier de Tafory, Noumkoumba Cissé a grandi au rythme des mutations géographiques liées à la carrière de son père, gouverneur sous l’ère Sékou Touré. De l’école primaire de Mafanko (Dixinn) à Faranah, puis Forécariah, son parcours scolaire est celui d’une élève brillante. Après un lycée passé au « 2 Octobre » de Conakry et un baccalauréat obtenu à Pita en 1984, elle intègre l’Université Gamal Abdel Nasser pour y étudier les Lettres Modernes.
Passionnée par les métiers de l’administration, elle s’envole ensuite pour le Sénégal où elle se spécialise durant trois ans en secrétariat bilingue et sténo-dactylo, des compétences très prisées à l’époque.
De l’international au service public : le choix de la famille
De retour en Guinée, elle débute sa carrière professionnelle dans le secteur privé, notamment chez Sowayem, une société de transit, entre 1987 et 1988. Son expertise lui ouvre rapidement les portes des institutions internationales :
• Au PNUD : En tant qu’assistante du Représentant Adjoint pendant deux ans.
• À l’UNICEF : Où elle assiste Justin Morel Junior, figure emblématique des médias guinéens.
Cependant, malgré le prestige du secteur privé et des agences onusiennes, Madame Conde fait un choix de cœur. Mère de quatre enfants, elle décide d’intégrer la fonction publique pour mieux équilibrer sa vie professionnelle et l’éducation de ses enfants. « Le fardeau administratif dans le privé ne me laissait plus le temps de m’occuper personnellement de leur éducation », confie-t-elle.
Une pionnière au Ministère des Mines
C’est par voie de concours qu’elle rejoint l’administration d’État. Elle figure parmi les premiers fonctionnaires du Centre de Promotion et de Développement Minier (CPDM), où elle officie comme assistante du regretté Directeur Alkaly Yanssané.
Bien qu’elle ne soit pas géologue de formation — une réalité qui lui donne parfois le sentiment d’être en retrait sur les aspects purement techniques — elle a su s’imposer par sa rigueur administrative. Après trois ans comme assistante de direction, elle prend la tête du service Genre et Équité, un poste qui semble avoir été créé pour elle.
Militer pour la place de la femme dans les mines
Pour Madame Condé , la question du genre est une vocation innée qui remonte à ses années de classe. Son service, qui n’était autrefois qu’un simple point focal, a été institutionnalisé pour devenir un levier de changement.
Elle voit en chaque 8 mars une opportunité, non pas seulement de célébrer, mais de renforcer les capacités des femmes de son secteur. Son combat est clair : la mine est un secteur transversal où les femmes peuvent et doivent renverser la tendance par la formation technique.
Les conseils de Mme Noumkoumba Cissé aux jeunes femmes.
Pour conclure, cette figure inspirante livre trois conseils clés à la nouvelle génération :
1. Ne jamais lâcher prise : L’équité est un combat de longue haleine.
2. Se former en continu : Le renforcement des capacités est la seule clé pour briser le plafond de verre.
3. La solidarité et le mentorat : Elle encourage vivement les femmes à se soutenir mutuellement et à solliciter l’accompagnement de mentors expérimentés.
Laouratou Diallo pour lauranews.net



