À l’occasion des « 72 heures du livre », rendez-vous incontournable de la scène littéraire, l’écrivain italien Aldo Ciani a présenté son ouvrage intitulé Guinée : une histoire africaine. Ce livre explore le régime de l’ancien président Ahmed Sékou Touré à travers le prisme des témoignages de persécutés politiques. Bien qu’il ne se revendique pas historien de métier, l’auteur livre un récit mémoriel nourri par une longue quête de compréhension.
Lors de sa dédicace, Aldo Ciani a confié avec humilité n’avoir jamais prémédité l’écriture de cet ouvrage : « Tout ce que j’ai fait, c’était pour essayer de comprendre ; ce n’était pas pour écrire. L’écriture est venue après trente ans, en consultant mes notes et mes souvenirs. Contrairement au professionnel qui cherche parfois à confirmer une idée préconçue, celui qui veut comprendre avance sans préjugés. »
Son récit met en lumière des trajectoires singulières, comme celle de Monseigneur Tchidimbo, à l’époque où Sékou Touré imaginait une église nationale détachée de Rome, ou encore celle de Jean-Paul Alata. Ce sociologue français, séduit par l’idéal de dignité et de panafricanisme, avait choisi de devenir Guinéen pour servir le pays aux côtés du président, avant de se heurter aux jalousies et à la rupture. L’auteur a également rappelé le sacrifice des intellectuels, notamment lors du complot des enseignants, ces cadres revenus de Dakar avec l’ambition de bâtir leur nation et qui furent les premiers frappés. En conclusion, Aldo Ciani invite chacun à s’approprier cette part d’ombre : « Il faut lire et se faire une idée. Je ne vous impose pas une pensée, mais je vous invite à chercher la vôtre. C’est là l’essentiel. »
Laouratou Diallo pour lauranews.net






